Histoire des outils d'accès à l'information -suite

Publié le par Anne Grimaldi

 

source : Sylvie Fayet-Scribe

                site biblio univ caen

 

( suite de l'article précédent)

 

 

Définitions

 

 

 

Il faut tout d'abord poser les différentes définitions car il y a un problème de polysémie des termes se rattachant aux divers concepts d'information, de document, de connaissance.

Méthode, outil, technique intellectuelle, sont les termes que nous avons adoptés au cours de ce travail. Il faudrait construire un lexique historique qui comprendrait par famille les outils étudiés, les outils consacrés au Moyen-Âge pourraient constituer à eux seuls un lexique (ainsi, par exemple, je ne dirais rien sur les sommes, les florilèges, les abrégés, ainsi que sur les "questiones, disputatae", "quodlibeta", "postilles", "compilacio").

Pour la terminologie actuelle de ces techniques, on peut se référer à l'ouvrage de Claire Guinchat et Yolande Skouri (Guinchat et Skouri, 1996) qui, bien souvent reprend les définitions qui sont données par l'AFNOR. Il est à remarquer que les outils étudiés ont des appellations particulières pour chaque époque, et les spécialistes d'une période ne font pas toujours de gros efforts pour traduire clairement les fonctions et significations des mots!


Définitions adoptées dans ce travail : la conception de l'information spécialisée, telle qu'elle est définie actuellement, délimite fortement le domaine investi par cette notion : "L'information spécialisée est une information destinée aux spécialistes (industriels, chercheurs, enseignants) qui leur est nécessaire dans leur activité professionnelle et qui conditionne une prise de décision ou une action particulière.

Il faut la différencier de l'information pour le grand public notamment par la nature des informations transmises ainsi que le canal de communication emprunté." (Chartron, 1992, p.351).

Historiquement, la définition est plus large car l'information, plus globalement est liée à la connaissance, et à des formes de connaissance diverses : théologique, mythique, philosophique, technique, scientifique... que vont s'approprier divers individus qui n'ont pas encore de statut professionnel dans la société, tout en étant liées à des lieux privilégiés de la connaissance : bibliothèques, monastères, corporations, universités, laboratoires, académies, entreprises...

Peu à peu se formera "une information scientifique et technique" (IST), de portée internationale, indépendante d'une culture particulière et validée par l'ensemble d'une communauté. A ce titre, les prémices de l'IST sont sans doute à voir au XVIIe siècle, moment où naissent tout à la fois les périodiques scientifiques, les laboratoires et des individus qui ont pour objectif l'étude scientifique et/ou technique; de plus, la communauté internationale scientifique a une activité sans frontière.


Quant au mot information, au sens étymologique du mot "in-former" signifie "donner une forme", or la matière première à mettre en forme est bien la connaissance. Connaître signifie à la fois savoir et comprendre, c'est-à-dire être capable d'expliquer le rapport de l'objet de connaissance avec les autres choses déjà sues.


Cette mise en forme de la connaissance se fera d'abord par le langage, puis par l'écriture, et celle-ci s'inscrira dans le document. Le document écrit imprimé (mais aussi le document électronique, photographique, vidéographique... ou autre) peut être défini selon l'indication de l'Organisation Internationale de Normalisation (ISO-TC 46) comme un :

"Ensemble formé par un support et une information, généralement enregistrée de façon permanente et tel qu'il puisse être lu par l'homme ou la machine";

Ce que traduit bien la définition proposée par J. Meyriat et R. Estival :

"Toute connaissance mémorisée, stockée sur un support, fixée par l'écriture ou inscrite par un moyen mécanique, physique, chimique, électronique, constitue un document. Dans la chaîne primaire de création, tant que le document est créé mais n'est pas encore utilisé par un récepteur, il reste un document virtuel. Dès lors qu'il est employé et décodé par un récepteur, le document devient réel : il a trouvé son utilisateur" (Meyriat et Estival, 1981, p.84).


Utiliser un document, y puiser une information est un acte fondamental. Il y a des documents qui ont été produits pour être porteurs d'informations, c'est ceux que nous examinerons.

Il existe des connaissances difficilement transmissibles par le langage écrit, mais nous ne traitons ici que de la connaissance explicitée. Nous avons pour objectif d'étudier les voies d'accès à l'information, via le document et son support, à travers des outils qui sont capables de fournir les références du document, voire les informations elle-mêmes.


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