La "Khan Académie" ou peut-on apprendre en ligne?

Publié le par Anne Grimaldi

Un article du site "Internetactu"

28 sept 2011

Hubert Guillaud

 

 

"Les technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement (TICE) se concentrent souvent sur des questions d'équipements... Quitte à ne voir qu'elles. Que faire avec les technologies à l'école ? C'est le dossier de la semaine d'InternetActu.


A TED 2011, Salman Khan est venu présenter la Khan Academy, une collection soigneusement structurée de plus de 2000 vidéos éducatives (voir la présentation vidéo avec sous-titres en français). La Khan Academy connaît un succès notable avec quelques 1 millions de visiteurs par mois qui regardent entre 100 et 200 000 vidéos par jour, souligne son créateur.


Salman Khan a commencé incidemment. Analyste financier pour un fonds de pension, il donnait des cours de math à distance à des cousins via l'internet et a décidé de mettre quelques leçons sur YouTube, plus comme complément aux cours qu'il leur donnait qu'autre chose. Ses cousins ont été assez heureux d'avoir moins à le déranger pour accéder aux leçons et de pouvoir les suivre selon leur propre rythme. Petit à petit, les vidéos publiques sur YouTube ont rencontré succès et commentaires élogieux... Tant et si bien que quelques profs ont commencé à utiliser ces cours en vidéos comme devoir du soir et à proposer des exercices en classe. Peu à peu, "Les professeurs ont utilisé la technologie pour humaniser la classe", explique Salman Khan.


Le succès aidant, Salman Khan a quitté son travail et fondé une association à but non lucratif, la Khan Academy. Les cours vidéos ne suffisant pas, l'association a développé des exercices interactifs associés à chaque cours. Après avoir suivi le cours en vidéo, les élèves sont invités à faire les exercices interactifs associés : ceux-ci se répètent jusqu'à ce qu'ils en aient réussi 10 d'affilés, signe qu'ils ont compris la notion.


Pour Salman Khan, le système est très différent de ce qu'il se passe en classe, où les cours alternent aux exercices, avant qu'un contrôle ne vienne mesurer le savoir acquis. Chaque élève réussi différemment son contrôle, mais celui-ci accompli, tout le monde passe à l'apprentissage de la notion suivante.

En classe, l'idée est qu'on avance rapidement, au rythme du programme, tant et si bien que bien des élèves se retrouvent parfois à la dérive parce qu'ils ont mal assimilés une notion ou que des lacunes se sont accumulées, rendant difficile l'apprentissage d'une notion qui repose sur des savoirs antérieurs.

Avec les cours et les exercices de la Khan Academy, les enfants apprennent et assimilent les notions à leur rythme. "Le modèle traditionnel pénalise l'expérimentation et l'échec, et n'attend pas la maîtrise. Nous, nous vous encourageons à expérimenter. Nous vous encourageons à échouer. Mais nous attendons vraiment que vous réussissiez", clame Salman Khan.


Les apprentissages sont organisés autour d'un arbre des connaissances qui amène les élèves vers des connaissances toujours plus évoluées. On part des bases des mathématiques, pour aller vers l'arithmétique, puis l'algèbre... Les cartes permettent de visualiser son avancée dans les concepts.


Certaines classes pilotes à Los Altos ont remisé leurs manuels pour travailler avec la Khan Academy. Chaque élève travaille à son rythme et l'enseignant accède à un tableau de bord qui lui montre les progrès de chacun. Il peut ainsi visualiser les notions acquises, celles sur lesquelles travaillent les élèves et bien sûr, celles avec lesquelles les élèves rencontrent des difficultés, ce qui lui permet d'intervenir. Pour chaque élève, l'enseignant accède à un tableau de bord détaillé du travail de l'élève : mesurant le temps passé, les exercices accomplis, les vidéos vues...

 

Il a également accès à une synthèse des connaissances de sa classe, lui permettant de voir l'évolution de tous les élèves (on peut d'ailleurs gérer une classe facilement via la Khan Academy). En introduisant le suivi personnalisé, on constate bien les rythmes d'apprentissages différents des enfants, estime Salman Khan.

 

On constate également qu'une fois un concept compris et su, bien souvent, la suite est plus facile. "Beaucoup d'efforts pour humaniser la classe se concentrent sur les rapports entre l'élève et l'enseignant. Pour nous, l'humanisation dépend d'un rapport entre l'élève et un temps d'apprentissage profitable avec le professeur. Dans un enseignement traditionnel, le prof passe son temps à donner des cours, des exercices et des contrôles. Peut-être que 5 % de son temps est vraiment passé à rester assis à côté des élèves pour leur expliquer quelque chose et travailler vraiment avec eux. Grâce à nous, 100 % de leur temps peut-être consacré à cela !"

 



Image : en haut, les résultats d'un élève, en base, ceux d'une classe...


Salman Khan rêve déjà d'une classe mondiale, où les enfants ayant appris une notion viendrait aider ceux qui sont en train de l'apprendre. Une évolution qui sera sûrement pour la prochaine version de la Khan Academy...

A l'heure où certains Etats américains cherchent à développer les enseignements par ordinateurs pour réduire les coûts de l'enseignement, comme le rapporte Courrier International, il est certain que nombreux sont ceux qui s'intéresseront aux premiers résultats de cette Académie en ligne. Néanmoins, insiste Salman Khan, son rêve n'est pas de faire disparaitre les professeurs, mais au contraire, de les faire se recentrer sur leur mission : aider à apprendre ! "

 

Publié dans Actualités

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